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Magazine en ligne evous.fr (mai 2014)

Fumer la pipe. Une coquetterie vintage quand l’e-cigarette tient la dragée haute à la cigarette de papa ?

Au moment où déjà quelque 10 millions de Français auraient testé l’e-cigarette, qui deviendrait de ce fait une sérieuse alternative au tabac, on assisterait à un retour visible de la pipe, à deux doigts de l’engouement…

Et en effet, avez-vous déjà réfléchit aux différences de pratiques qui existent entre un fumeur de cigarettes, nous dirons classiques, et un fumeur de pipe ? Observez les attitudes des uns et des autres. Le rapport à l’objet. La façon d’allumer, même de fumer. Les gestes. Les prémices.

Le fumeur de pipe respecte souvent un cérémonial. Il s’assoit, prend ses aises, sa pipe et son tabac, la bourre, l’allume avec délicatesse, prévenance et précision. On peut d’ores et déjà supposer qu’il fumera mieux, plus calmement, lentement même, sans forcément avaler la fumée, ni même en emplir ses poumons. En revanche, en quelques poignées de secondes, une cigarette aura été grillée.

Dans les concours de durée de fumeurs de pipes, quand les concurrents disposent de 2 à 3 grammes de tabac, de 2 allumettes, d’un allumage d’une minute, ces amateurs, que d’aucuns jugent parfois un peu excessifs, concentrés dans leur surveillance du petit point rouge tout au fond du foyer, font durer la séance jusqu’à 2 heures !

Le tabac de pipe est plus souvent, dit-on, un tabac de qualité (burley, virginie, latakia, perique ou tabac brun) dans lesquels les fabricants mettront vraisemblablement moins d’adjuvants que dans celui des cigarettes.

Pour ces raisons, et certainement aussi pour d’autres, depuis quelque temps, la pipe revient donc sur le devant de la scène. Respect pour le calumet des Indiens ? Retour à un hédonisme contemplatif ? Besoin de calme méditatif ? Phénomène de groupe, autour d’un bon whisky ? Les jeunes, dont quelques femmes, viendraient à la pipe, quand des vieux retourneraient à leur ancien plaisir, après quelques années d’abstinence, selon Pierre Voisin.

Celui-ci, artisan Maître pipier de la 5e génération, partage ce titre, cette connaissance, cette connivence en France, et la tradition multi générationnelle, donc dynastique, de Maître pipier avec seulement Jean Nicolas, de Lyon…

Tous deux font à la fois la fabrication, la réparation et la vente de pipes, classiques, originales, voire d’exception.

La réputation de Pierre Voisin est qu’il saurait se montrer disponible et attentif aux demandes de ses clients.

Pipe fabrication À la pipe du Nord (réf. 852)

S’il fait dans la pipe aux géométries classiques et éprouvées en bruyère naturelle, il ose aussi la fabrication spéciale de formes diverses, à la demande, et parfois de contenants de volumes plus importants pouvant engloutir jusqu’à 7 à 8 grammes de tabac ouvrant à 3 petites heures de fumage…

Parmi les pipes de luxe, et particulièrement soignées, Dunhill tient le haut du pavé depuis près d’un siècle, et À la pipe du Nord peut se vanter d’en présenter à Paris un très vaste choix, la marque n’ayant dans toute la capitale que 5 à 6 points de vente, et une boutique en nom propre. Ces pipes sont fabriquées en Angleterre, et peuvent dépasser les 500, 1 000 à quelques milliers d’euros pour les pièces exceptionnelles.

Pipe en écume de mer sculptée (réf. 1378)

Les prix des pipes que propose et/ou fabrique Pierre Voisin vont, dans la tradition, de 75 à 95€, en grandes bruyères, séchées et de bois ancien de 200 à 500€. Pour une très bonne pipe, comptez 200 à 350€.

Les mousquetaires fumaient la pipe. Elle était en terre (quelques-unes sont exposées à l’exposition Mousquetaires ! du musée de l’Armée), ou en fer, qu’ils pouvaient ainsi aisément glisser le long de leurs bottes.

Et puis il y a les pipes en écume de mer, du silicate de magnésium, donc un minéral, produit exclusivement en Turquie, au Sud-Est d’Istanbul. Parmi les grands sculpteurs actuels : Tekin, Yanik, les frères Emin, et Medet. Produit très protégé par son pays d’origine, la sculpture de l’écume de mer est effectuée sur place, et Pierre Voisin en importe sur pièces.

Apprenez encore que la loupe du bois se trouve entre l’arbuste et la racine, et que la pipe flammée est une pipe rare, tirée d’une belle veine. Le nœud de la bruyère est alors très exactement placé sous le foyer, ce qui ouvre au mieux la flamme.

Fleuron de Butz Choquin (réf. 1446)

À l’heure où tant de fabrications françaises partent vers des pays à plus faibles coûts de main-d’œuvre, on se doit d’évoquer la ville de Saint Claude, reconnue comme une place forte mondiale de la fabrication de la pipe. Sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, dotée de deux rivières dont les courants entraînaient les tours de bois pour la façon d’objets pieux, elle tira rapidement avantage de ces atouts pour fournir aux pèlerins très demandeurs du Nord de France et d’Europe des pipes bien agréables le long d’un tel périple.

Même l’atelier du monde que la Chine est devenue ne s’intéressa pas à la fabrication des pipes, l’ébauchage de bois et la découpe de formes étant par trop aléatoires. Deux fabricants de haute réputation, Butz Choquin et Chacom, chacun avec une trentaine de pipiers, y poursuivent cette activité de tradition, et la ville compte encore une petite dizaine d’artisans indépendants.

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Magazine Nos Arts (octobre-novembre 2013)

La Pipe du Nord dans

La Volonté des PME (janvier 2011):

Pipe du Nord

France Today (décembre 2009):

Guide des artisans de Paris (Editions Alternatives, 2002)

GQ Japon (octobre 2001):

GQ Pipe du Nord

Journal de Paris (juin 2001):

Journal Paris Pipe du Nord

Les ateliers des artisans de Paris (Tokyo, 1999):

Pipe Smoke Magazine (1998) : 

Le Figaro (1983) :